Modestes propositions de la commission "revendications" de l’AG des personnels de P3
(Présentation : David Faroult)
(La commission revendication avait convenu depuis la semaine dernière de se réunir le 10 avril après-midi. Compte-tenu du recul du gouvernement sur le CPE, notre réunion a un peu changé d’objet. Au lieu d’approfondir la plateforme revendicative adoptée par l’AG des personnels le 7 avril et par l’AG commune du 10, nous avons eu un échange sur quelques enjeux de la suite du mouvement. C’est le résultat de cet échange, un ensemble de propositions, que nous soumettons ‡ l’AG commune du 13 avril à P3. Nous avons travaillé autour de l’hypothèse, probable, d’une suspension de la grève à la rentrée du lundi 24 avril.)
1. Les comités de suivi et de veille : taches et structuration.
Les comités de suivi et de veille, dont le principe a été adopté par les personnels et les étudiants en lutte de Paris 3 devraient être constitués dès que possible. Nous avons repéré 4 types de tâches qu’ils auront à assumer : 1_) suivi des pressions sur les grévistes 2_) suivi de l’égalité des étudiants face aux évaluations 3_) suivi de la répression (soutien matériel et politique aux interpellés) 4_) suivi des revendications (information / lutte / élévation de l’unité)
Au delà de chacune de ces tâches particulières, l’enjeu de ces comités est qu’une structure permanente sorte du mouvement. Des liens se sont tissés entre les personnels, entre les étudiants, entre personnels et étudiants, que nous voulons maintenir, pour continuer d’être une force sociale et politique unie et travaillant à élever son unité.
Nous devons discuter et adopter au plus vite un mode de structuration (même provisoire, même perfectible) de ces comités, afin qu’ils puissent être efficients dès les premiers jours de la rentrée qui seront en partie décisifs sur la question des modalités d’évaluation.
Idéalement, il faudrait que pour chaque UFR, voire pour chaque UE, une cellule de suivi réunisse au moins un enseignant, un ATOSS, et un ou plusieurs étudiants. Pour chaque UFR cela semble faisable, pour chaque UE, c’est plus difficile. De façon hebdomadaire, à horaires et lieux réguliers (par exemple, le mercredi à 18h dans l’un ou l’autre amphi s’ils sont disponibles, ou même sur le parvis), il faudrait tenir une assemblée de ces cellules de suivi qui mettent en commun les problèmes et les questions à traiter. Cette assemblée pourrait se doter au moins d’une commission répression et d’une commission revendications.
2. Quelques prochaines échéances et leurs enjeux
à débattre : dans quel esprit voterons-nous la suspension de la grève dans l’unité ? Pour
continuer ? Sous d’autres formes ? Lesquelles ?
Suspendre la grève ne veut pas forcément dire cesser la lutte. Le plus important est de poursuivre notre démarche dans l’unité, car ça a été notre force jusqu’ici.
Comme d’autres qui en ont déjà parlé, nous pensons qu’il faut organiser un gigantesque barbecue pour fêter notre victoire. Même si cette victoire n’est pas totale (comment aurait-elle pu l’être ? Nous ne demandions même pas la fin de toutes les inégalités !), nous devons marquer le coupé : le gouvernement a reculé devant une masse qui prenait ses affaires en main ! Une victoire ça se fête !
Nous proposons d’organiser à Censier, à la rentrée, un meeting/AG de bilan de la grève. Il serait bon que des commissions puissent en préparer le contenu et la tenue.
Date à vérifier : le CA de P3 devrait se tenir le lundi 31 avril, et notamment décider des formalités d’évaluations. Il serait bon d’organiser un rassemblement à cette occasion pour manifester notre enthousiasme pour nos nouveaux représentants élus...
Robin Sanchez, membre de cette AG, doit passer en procès le vendredi 28 avril : il faudrait prévoir d’être nombreux pour assister à l’audience et/ou pour se réunir devant le palais de justice. (L’expérience prouve que les juges sont sensibles à toutes les pressions, même si, comme disait Brecht, aucune corruption ni aucun pot de vin ne saurait leur faire rendre une justice équitable)
Deux autres membres de cette AG, Ambre et Cédric, ont été victime d’un accident de voiture. Outre qu’un cadeau pour soutenir moralement des militants cloués sur un lit d’hôpital pendant la fin d’un mouvement qu’ils n’ont pas peu contribuer à animer s’impose, il y aura peut-être besoin de les soutenir financièrement pour palier aux assurances.
3. Solidarité internationale
(la demande expresse et insistante de mon collègue Christophe, je vous soumets une motion) Si vous lisez attentivement les journaux, vous savez sans doute que depuis plusieurs jours la police du Népal tire sur les manifestants qui exigent le rétablissement de la démocratie. L’ensemble de l’opposition au roi participe à ce mouvement démocratique et les étudiants népalais y jouent un rôle dont l’écho nous parvient jusqu’ici par la presse. Il me semble que, dans ces conditions, le moins que nous puissions faire serait d’adopter au moins, la brève motion suivante à :
...étudiants et personnels de l’université de Paris 3 réunis en assemblée générale à Censier ce 13 avril 2006, nous manifestons notre soutien à la grève générale d’opposition à la dictature monarchique au Népal. Nous condamnons vigoureusement la sanglante répression qui s’abat sur les grévistes. Aux étudiants et personnels universitaires népalais mobilisés, nous adressons un chaleureux message de solidarité. Nous demandons solennellement aux gouvernements de l’Union Européenne de rompre les relations diplomatiques avec la dictature policière du roi Gyanendra.